Une expérience synesthétique : (re)sentir le monde et le transformer avec Helen Keller
Nous avons publié un récit inédit d'Helen Keller (oui, elle-même !), « Toucher le monde »... et il ne ressemble à aucun autre livre !
Redécouvrir un matrimoine littéraire fondateur
Helen Keller, devenue sourde et aveugle très jeune, n’est pas uniquement une figure de résilience et un modèle d’engagement pour l’éducation et l’inclusion des personnes vivant avec un handicap.
Mais ce que nous a inspirées à publier un texte inédit est la plume d’Helen Keller, sa pensée profonde et son exploration du langage et des sens. Elle parle d’un point de vue totalement inédit en littérature : celle d’une femme qui voit le monde avec ses mains.
Toucher le monde sont ses mémoires sensorielles, une autobiographie tracée à travers une moisson de sensations, d’odeurs et de rencontres tactiles - sensations à la fois familières et d’une intensité inédite. Chaque court chapitre bouleverse la définition du monde et de ses corps, que la norme visuelle dominante modèle généralement, et nous (ré)apprend à percevoir, à goûter, toucher et à humer le monde sans le voir, ni l’entendre.
Les Mémoires d’une main qui voit
« Peut-être mon soleil ne brille-t-il pas comme le vôtre. Les teintes glorieuses qui ornent mon monde, le bleu du ciel, le vert des prés, peuvent ne pas correspondre exactement à celles dont vous faites vos délices ; mais ce sont mes couleurs à moi.
À mes yeux, le soleil ne brille pas, pas plus que l’éclair n’illumine le ciel, ou que les arbres se parent de vert au printemps ; mais ils ne cessent pas d’exister pour autant, tout comme le paysage n’est pas annihilé lorsque vous lui tournez le dos.
[…]
La philosophie a prouvé que le monde réel n’existe qu’aux yeux de l’esprit ; le pouvoir de la pensée en découle naturellement. C’est-à-dire que je ne touche jamais le monde dans son entièreté et en effet, ma main m’en fait percevoir moins que vos yeux et vos oreilles. Mais toutes les créatures, tous les objets, arrivent entiers à mon cerveau et y occupent la même place que dans l’espace matériel. Pour moi, ce ne sont pas des branches de pin qui ondulent, se balancent, se froissent et font la musique des crêtes qui s’élèvent montagne après montagne, mais ce sont des branches de pensée. Parlez-moi d’une rose trop loin pour que je puisse la sentir : immédiatement une odeur s’immisce dans mes narines, une forme se presse dans ma paume de toute sa douceur dilatoire, ses pétales arrondis, ses bords un peu ourlés, sa tige incurvée, ses feuilles tombantes.»
Helen Keller, Toucher le monde. Mémoires d’une main qui voit.
Traduction de l’anglais de Marie Chuvin.
Célébrer l’héritage d’Helen Keller aujourd’hui
Avec la parution de Toucher le monde, nous lançons une collaboration avec la L’association Helen Keller Europe pour faire mieux connaître la vie et le travail d’Helen Keller dans toutes ses dimensions.
L’association Helen Keller Europe a été fondée par Helen Keller elle-même et poursuit une mission fondamentale : prévenir la cécité évitable et la malnutrition.
En France, le programme PlanVue a été lancé en 2018 et prévient les troubles visuels des élèves de quartiers prioritaires en Ile-de-France et à Marseille afin de leur donner accès aux apprentissages. 20 000 élèves ont été dépistés depuis le début du programme.
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