L'atlas du matrimoine
Petit voyage autour du monde (littéraire) de notre catalogue. Deuxième étape : l'Amérique du Nord de la Collection Mémoires.
Ce mois-ci, nous parcourons le continent nord-américain à travers les pages de trois autrices emblématiques, d’époques et d’horizons différents : Helen Keller, Lucille Clifton et Zitkála-Šá.
Les récits de ces trois femmes jalonnent l’histoire complexe d’un territoire immense et en dessinent les reliefs accidentés avec force et poésie . Ces trois textes, à la plume ciselée et puissante, invitent à prendre les chemins de traverse, dans les plaines du Missouri, sur les routes agricoles de Virginie, et au gré des chemins aveugles, vibrants et odorants - formant ainsi une carte alternative, sensible et politique, écrite par des femmes qui ont marqué leurs temps.
Réserve “sioux” de Yankton : Zitkála-Šá.
Zitkála-Šá est née en 1876 dans une communauté dakota en Amérique du Nord. Elle a consacré sa vie à la lutte pour la justice et la reconnaissance de l’identité, la culture et les droits des peuples autochtones.
L’Oiseau rouge, Mémoires d’une femme dakota est un recueil de récits autobiographiques où l’autrice raconte son enfance dans les plaines du Missouri et son expérience dans les écoles des Blancs, où elle a été éloignée de sa culture.
L’écrivaine québécoise Bianca Joubert, qui a écrit la préface du livre, décrit ainsi l’Amérique de Zitkála-Šá :
Appelons un chat un chat, et un “Indien”, un autochtone : celui qui a occupé un territoire depuis des temps immémoriaux. Ce territoire, l’Amérique, n’était pas l’Inde cherchée jadis sur la route de la soie et des épices des conquérants européens.
La doctrine de la découverte a été répudiée en 2022 par le pape François. Trop peu, trop tard. Mais la résistance initiée par des femmes comme Zitkála-Šá a permis la reconnaissance d’une identité forte de peuples premiers dont les racines liées à la terre restent bien vivantes encore aujourd’hui. [ Montréal, 2024 ]
Depew, New York : Lucille Clifton.
Née en 1936, Lucille Clifton est devenue une grande voix de la poésie africaine-américaine. À travers ses poèmes, elle célèbre la vie quotidienne et la résistance.
Dans le roman Générations, Mémoires d’une lignée du Dahomey, l’autrice raconte l’histoire d’une famille marquée par l’esclavage, les violences du monde et une ineffable tendresse filiale. À travers ce livre, elle célèbre la mémoire, la résistance et la transmission entre les générations, utilisant une langue poétique éblouissante.
Toni Morrison, dont la préface enrichit l’édition française de Générations, décrivait ainsi cette formidable poétesse:
Elle séduit avec la simplicité d’un atome, autrement dit elle est extrêmement complexe, explosive sous l’apparence de la quiétude.
Tuscumbia, Alabama : Helen Keller
Helen Keller est née en 1880 aux États-Unis et a perdu la vue et l’ouïe très jeune suite à une maladie infantile. Malgré son handicap, elle a fait de brillantes études universitaires et est devenue écrivaine et militante pour les droits des plus vulnérables.
Toucher le monde, Mémoires d’une main qui voit, est un livre qui invite à ressentir le monde en dehors du prisme dominant de la vue et de l’ouïe, célébrant la richesse de sens moins considérés, comme le toucher et l’odorat.
Il n’y a nulle brume ni incertitude dans nos découvertes par le toucher. Grâce à lui, je connais les visages de mes amis, la diversité infinie des lignes droites et courbes, toutes les surfaces, l’exubérance de la terre, la forme délicate des fleurs, la noblesse des arbres ainsi que la variété des vents puissants.
Pour parcourir les terres d’Amérique du Nord en compagnie d’Helen Keller, de Lucille Clifton et de Zitkála-Šá, rendez-vous en librairies ou sur notre boutique en ligne:







